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Harcèlement scolaire : comment protéger son enfant

Le harcèlement scolaire est aujourd’hui une inquiétude majeure pour de nombreuses familles. Beaucoup de parents me consultent lorsqu’une situation est déjà installée, souvent après des semaines – parfois des mois – de souffrance silencieuse pour l’enfant.

Dans ma pratique, j’aborde très régulièrement cette question avec les jeunes que j’accompagne, que le harcèlement soit déjà présent… ou simplement pour le prévenir.

Car une chose est claire : la prévention reste l’outil le plus puissant pour protéger les enfants.


Harcèlement scolaire : quelques chiffres qui doivent nous alerter

Chaque année, plus de 700 000 élèves déclarent être victimes de harcèlement scolaire en France, et ce chiffre est probablement sous-estimé car beaucoup d’enfants n’en parlent pas.

Mais certains jeunes sont encore plus vulnérables que les autres, notamment ceux présentant un trouble du neurodéveloppement (TND) : TSA, TDAH, troubles DYS, etc.

Les recherches montrent par exemple que :

  • près de deux tiers des enfants et adolescents autistes (environ 67 %) vivent des situations de harcèlement au cours de leur scolarité.

  • certaines études estiment que jusqu’à 70 % des jeunes présentant à la fois un TSA et un TDAH peuvent être victimes de harcèlement.

Ces chiffres rappellent une chose importante : la différence peut malheureusement devenir une cible.

C’est pourquoi il est essentiel d’accompagner les enfants avant même que des difficultés apparaissent.


Pourquoi certains enfants deviennent des cibles ?

Les situations de harcèlement ne sont jamais la faute de l’enfant qui les subit.

Cependant, certains facteurs peuvent augmenter la vulnérabilité :

  • difficultés à décoder les codes sociaux

  • isolement dans le groupe

  • réactions émotionnelles fortes

  • difficultés à se défendre verbalement

  • comportements jugés « différents » par les pairs

Chez les enfants avec un TND, ces particularités peuvent être plus visibles, ce qui explique en partie leur sur-exposition au harcèlement.

C’est précisément pour cela que les compétences sociales peuvent s’enseigner et se travailler.


Ce que les parents peuvent faire pour protéger leur enfant

Il n’existe malheureusement pas de solution magique, mais plusieurs leviers peuvent réellement aider.


1. Parler du harcèlement avant qu’il n’arrive

Beaucoup d’enfants ne savent pas reconnaître une situation de harcèlement.

Leur expliquer :

  • ce qu’est le harcèlement

  • la différence entre un conflit et une répétition d’attaques

  • vers qui demander de l’aide

peut déjà faire une grande différence.


2. Travailler les compétences sociales

Savoir :

  • entrer dans une conversation

  • comprendre les intentions des autres

  • répondre à une provocation

  • demander de l’aide au bon moment

sont des compétences qui peuvent s’apprendre et s’entraîner.

Dans mes accompagnements, ce travail se fait souvent à travers des jeux, des mises en situation et des exercices concrets qui permettent aux jeunes d’expérimenter différentes stratégies.


Je vous partage 2 jeux que j'utilise très souvent au cours de mes consultations ou mes ateliers et que j'aime particulièrement :


Jeu Takattak à la récré
Jeu Takattak à la récré
Jeu No Way Bully, co-réalisé par Emmanuelle Piquet, thérapeute reconnue dans la lutte contre le harcèlement
Jeu No Way Bully, co-réalisé par Emmanuelle Piquet, thérapeute reconnue dans la lutte contre le harcèlement

3. Apprendre aux enfants à ne pas devenir spectateurs

Un point fondamental est le rôle des témoins.

Beaucoup de situations de harcèlement se maintiennent parce que les autres élèves n’osent rien dire.

Or il est important d’expliquer aux jeunes que :

ne rien faire ou ne rien dire peut aussi renforcer la situation.

L’objectif n’est pas de les culpabiliser, mais de leur apprendre qu’ils peuvent :

  • soutenir la victime

  • aller chercher un adulte

  • refuser de participer aux moqueries


Préparer les enfants aux situations sociales de l’école

Dans mes accompagnements, la prévention du harcèlement est régulièrement travaillée :

  • en séances individuelles,

  • dans les groupes d’habiletés sociales,

  • et dans les groupes de préparation à la rentrée scolaire, organisés chaque année la dernière semaine d’août.


Ces groupes permettent aux jeunes de :

  • anticiper les dynamiques de groupe

  • réfléchir aux situations difficiles

  • tester différentes stratégies

  • renforcer leur confiance sociale avant la reprise de l’école.


Sensibiliser aussi les adultes

La prévention ne peut pas reposer uniquement sur les enfants.

C’est pourquoi j’interviens également lors de conférences et de temps de sensibilisation pour les adultes (parents, équipes éducatives, professionnels).


Nous abordons notamment :

  • les mécanismes du harcèlement

  • les signes d’alerte chez les jeunes

  • l’impact des réseaux sociaux et des écrans

  • les attitudes aidantes pour accompagner les enfants

Les écrans et les réseaux sociaux ne sont pas le problème en soi. L’enjeu est plutôt que les jeunes et les adultes soient suffisamment armés pour comprendre et gérer ces espaces.


Quand les parents se sentent perdus

Lorsqu’un enfant est confronté à une situation de harcèlement, les parents peuvent rapidement se sentir démunis.

Que dire ? À qui s’adresser ? Comment aider son enfant sans aggraver la situation ?

Chaque situation est unique, et il est parfois utile de prendre un temps de recul pour analyser ce qui se joue et réfléchir aux stratégies possibles.

Parler de ces sujets, préparer les jeunes et renforcer leurs compétences sociales sont des leviers essentiels pour réduire les risques et soutenir leur confiance.


Il est à rappeler qu'il existe aussi la ligne téléphonique 3018 où élèves, parents, et professionnels peuvent avoir des renseignement et émettre des signalements.

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