top of page

Les vacances, un moment souvent redouté quand notre enfant a un TDAH et/ou un TSA


« Enfin les vacances ! »

Cette phrase fait généralement rêver les adultes. Plus de réveil, plus de devoirs, plus de course contre la montre...

Pour certains enfants ayant un trouble du neurodéveloppement (TDAH, TSA, troubles DYS...), l'annonce est un peu moins idyllique.

Parce que si les vacances sont synonymes de liberté pour beaucoup, elles représentent aussi un immense changement de repères. Et le cerveau des enfants avec un TND n'est pas toujours fan des surprises.

Alors avant de penser que votre enfant "fait exprès", "teste les limites" ou "est infernal depuis le début des vacances", voyons ce qui se passe réellement.


Pourquoi le changement de rythme est-il si difficile pour un enfant avec un TND ?

Pendant l'année scolaire, tout est relativement prévisible.

Le réveil sonne toujours à la même heure. L'école suit un emploi du temps stable. Les repas arrivent à peu près au même moment. Les activités sont planifiées.

Bref, le cerveau n'a pas besoin de réfléchir en permanence à ce qui va arriver.

Or, les enfants présentant un trouble du neurodéveloppement ont souvent besoin de davantage de prévisibilité que les autres.

Selon le trouble, plusieurs difficultés peuvent entrer en jeu :

  • une faible flexibilité cognitive ;

  • des difficultés de planification ;

  • une gestion émotionnelle plus fragile ;

  • une sensibilité importante aux changements d'environnement ;

  • un besoin accru de repères temporels.

Quand toutes les habitudes disparaissent d'un seul coup, leur cerveau doit fournir énormément d'efforts pour s'adapter.

Et cela... ça fatigue.


"Mais pourtant il attendait les vacances avec impatience !"

Oui.

Et c'est tout à fait compatible.

Attendre quelque chose avec impatience ne signifie pas que notre cerveau saura facilement gérer tous les changements qui l'accompagnent.

C'est un peu comme attendre Noël pendant deux mois... puis passer la journée à pleurer parce qu'il y a trop de bruit, trop de monde, trop d'excitation.

Le plaisir et la difficulté peuvent parfaitement coexister.


Ce que l'on observe souvent pendant les vacances

Chaque enfant est différent, mais les familles me rapportent régulièrement :

  • davantage de crises ;

  • plus d'opposition ;

  • une irritabilité inhabituelle ;

  • des réveils très matinaux... ou au contraire des couchers interminables ;

  • une augmentation de l'impulsivité chez les enfants avec un TDAH ;

  • une recherche accrue de contrôle chez les enfants avec un TSA ;

  • une fatigue importante malgré le fait qu'ils "ne font rien".

Ce ne sont pas forcément les vacances qui posent problème.

C'est souvent l'absence de structure.


Faut-il garder exactement le même rythme qu'à l'école ?

Bonne nouvelle : non.

Les vacances sont faites pour souffler.

Dormir un peu plus, profiter de la famille, improviser une sortie, prendre son temps... tout cela est précieux.

En revanche, passer d'un fonctionnement très cadré à un fonctionnement totalement imprévisible peut être compliqué pour certains enfants.

Le cerveau apprécie les repères.

Il n'a pas forcément besoin d'un emploi du temps militaire, mais il aime savoir où il va.


Quelques astuces qui changent souvent beaucoup de choses

Conserver quelques "piliers"

Pas besoin de tout contrôler.

En revanche, essayer de garder des horaires relativement réguliers pour :

  • le lever ;

  • les repas ;

  • le coucher.

Même avec une marge de souplesse, ces repères sécurisent l'enfant.


Visualiser la journée

Les enfants avec un TND bénéficient souvent d'informations visuelles.

Un petit planning avec quelques pictogrammes ou simplement des dessins permet de répondre à la grande question :

"On fait quoi aujourd'hui ?"

Et accessoirement...

À la dix-septième fois où cette question est posée dans la matinée, il suffit de montrer le planning.

Vos cordes vocales vous remercieront.


Prévenir les changements

Une sortie imprévue ?

Des invités ?

Un départ en vacances ?

Mieux vaut prévenir un peu en amont plutôt que cinq minutes avant.

Cela laisse au cerveau le temps de s'ajuster.


Prévoir des temps calmes et soyez attentif au sommeil

Les vacances ne signifient pas être occupé du matin au soir.

Les journées très riches en stimulations peuvent rapidement devenir épuisantes.

Un moment calme après une sortie, quelques minutes de lecture, un temps de jeux libres ou simplement un temps sans sollicitations permettent au système nerveux de récupérer. Le sommeil est tout aussi important en vacances qu'en période scolaire. Veuillez à ce que votre enfant ait sa dose de sommeil pour affronter ses émotions.


Accepter que tout ne soit pas parfait

Même avec la meilleure organisation du monde, il y aura probablement des journées compliquées. Comme je le dis souvent "il faut choisir ses batailles"/

Les vacances sont aussi une période d'adaptation.

L'objectif n'est pas de supprimer toutes les difficultés, mais de limiter celles qui peuvent être évitées.


Et les parents dans tout ça ?

Vous aussi, vous changez de rythme.

Vous gérez parfois plusieurs enfants, les repas, les sorties, les grands-parents, les cousins, les bagages, la chaleur, les lessives...

Autrement dit, votre charge mentale ne part pas toujours en vacances.

Alors si certaines journées ressemblent davantage à une expédition qu'à une carte postale, rassurez-vous : vous êtes loin d'être les seuls.


En résumé

Les vacances peuvent être une période très agréable pour les enfants ayant un trouble du neurodéveloppement... à condition de leur laisser quelques repères.

Conserver une routine souple, anticiper les changements et respecter leurs besoins de récupération permet souvent d'éviter de nombreuses difficultés.

Et souvenez-vous : un enfant qui a du mal à s'adapter n'est pas un enfant qui manque de bonne volonté. Son cerveau traite simplement les changements différemment.

Avec quelques ajustements, les vacances peuvent devenir plus sereines pour toute la famille.

Parce qu'au fond, l'objectif est le même pour tout le monde : profiter ensemble... sans avoir besoin de réserver une semaine de vacances supplémentaire pour récupérer des premières. Je garde quelques créneaux au cabinet ou en visio pour cet été. Alors n'hésitez pas en cas de besoin. Rosalie GUNTHER

Commentaires


bottom of page